Léon Mudry, dont j'ignorais l'existence, était le frère de la Marraine. Il écrit d'Asperg, qui se trouve en Allemagne, et reçoit des colis de la croix rouge: il est donc prisonnier de l'ennemi. C'est sans doute sa chance, car lui, il est revenu de la guerre. Sa fiche matricule aux archives départementales nous apprend qu'il s'est évadé d'Allemagne(*). La marraine avait également une soeur: Adelphine.
On le sait aujourd'hui, François est mort 10 mois auparavant, "tué à l'ennemi" à Vancourt dans le Pas de Calais. Il faut imaginer l'angoisse des familles, 1,3 millions de morts en France... En septembre 1916, les parents espèrent encore que François est prisonnier quelque part en Allemagne, et qu'on l'empêche de leur écrire...
La manière dont Léon parle de François laisse supposer qu'avant la guerre il vivait avec la famille, envers laquelle il se sent redevable.
Marie-Thérèse se souvient bien de ce Léon, qui est parti en Tunisie travailler dans une ferme, et qui envoyait chaque année une caisse d'énormes oranges à la famille...
Suzanne s'en rappelle aussi: Lors du mariage de Léon MUDRY avec Marie VULLIEZ, à la maison chez les Cottets, on a voulu lui faire pousser la chansonnette. Elle a trouvé son salut dans la fuite...
(*) Les fiches matricules de tous les soldats de 1865 à 1921 sont en ligne sur le site des Archives Départementales. Si vous voulez connaître la couleur des yeux de vos pioupious, c'est l'endroit!