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La vie de Julia a été celle de beaucoup de paysans de l'époque. Ce n'était pas la misère, mais sans aucun doute la pauvreté. Bien sûr il a fallu élever les enfants, et dans des conditions difficiles. Pas question de dépenser plus que de raison, ni d'entamer le patrimoine qui devait revenir aux "générations futures" comme on dit aujourd'hui. Pendant la dernière guerre, vendre du bois de chauffe de la forêt de Tacheret eût sans doute apporté un peu plus de bien être. Ce bois avait à l'époque une certaine valeur. Mais il n'en était pas question. S'ils avaient vendu quelques stères de fayard, les arbres auraient repoussé, et la forêt dont nous avons hérité serait dans le même état qu'aujourd'hui.
Conserver le patrimoine était alors impératif, et c'est ce qui a motivé les démélés du couple avec Isabelle MUDRY, deuxième épouse de Jean Pierre TOURNIER. Celui-ci, de son vivant, avait fait une donation à Isabelle du quart de ses biens en propriété et en usufruit. La grosse majorité de ces biens provenant de l'héritage de Franceline, Julia aurait pu exercer ce qu'on appelle un droit de reprise, c'est à dire retirer de la succession de Jean Pierre les biens en question. Les deux femmes ont trouvé un arrangement: Isabelle a renoncé à sa donation, mais elle a conservé en usufruit  non le quart mais la moitié des biens. Julia a renoncé à exercer son droit de reprise.
TOUT SUR JULIA (3)
Isabelle Mudry a fini ses jours dans la maison des Tournier, qui comprenait aussi la forge, la grange et le grenier. Elle a aussi gardé l'usufruit sur la moitié du chalet de Thex, et sur un certain nombre de terrains. A sa mort, en 1963, le tout est resté dans la famille.
Sans cet arrangement, qu'en serait-il de notre chalet aujourd'hui? (construit en partie avec le grenier en question)